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ACHILLE AGBE
Le 22 septembre 2019
L'Afrique en Butte à l’Analphabétisme Financier

L'Afrique en Butte à l’Analphabétisme Financier

Par Achille Agbe

Selon une définition du Conseil de l’OCDE de juin 2005, l’éducation financière est le processus par lequel des consommateurs et/ou investisseurs : améliorent leur connaissance des produits, concepts et risques financiers ;acquièrent au moyen d'une information, d'un enseignement ou d'un conseil objectif, les compétences et la confiance nécessaires pour devenir plus sensibles aux risques et opportunités en matière financière , faire des choix raisonnés, en toute connaissance de cause , savoir où trouver une assistance financière , prendre d'autres initiatives efficaces pour améliorer leur bien-être financier. Dès lors la question de l'éducation financière touche à tous, indépendamment de l'âge et des revenus. Avec 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans, représentant un vivier entrepreneurial important, l’Afrique a la population la plus jeune au monde, mais elle reste fortement touchée par ce fléau. Les statistiques liées à l’éducation financière, la bancarisation, l’actionnariat restent à leur plus faible niveau.

Les conséquences de cette inculture sont toutes autant dramatiques qu’alarmantes. En Afrique l’Education financière ne figure pas dans les programmes d’enseignement nationaux (Primaire – secondaire –Universitaire). C’est une des raisons majeures de la précarité financière observée des populations, de même que le faible niveau de bancarisation, d’actionnariat, d’inclusion financière et de compétences financières. En Côte d'Ivoire par exemple, près d'un quart des enseignants sont en situation de surendettement. Ceci traduit sans équivoque le niveau d'ancrage de ce déficit au sein même du système de formation éducatif. Conséquence, les travailleurs et les familles sont pris au piège du phénomène grandissant de l’endettement et du surendettement. Les entrepreneurs malheureusement issus de ce système éducatif, sont déconnectés des notions de base en gestion économique et financière. Pour certains, ils pilotent leurs entreprises sans faire la moindre distinction par exemple entre le bénéfice et le chiffre d’affaires, d’où la mort prématurée d’un bon nombre de jeunes entreprises.

Au cours de ces dernières années, les pouvoirs publics mais aussi les secteurs privés et associatifs ont entrepris de mettre sur pied des programmes d'éducation financière dans plusieurs pays d'Afrique. Ces programmes, par des séminaires non-réguliers, visent à renforcer les connaissances et les compétences de quelques agents économiques, à leur faire prendre conscience des enjeux financiers et à améliorer l'inclusion financière.

Malheureusement ces programmes sont à faible impact sur le temps, vu qu’ils sont occasionnés par de pures actions justes ponctuelles, comme pour justifier un budget ; alors que le problème est très fondamental, puisqu’il s’agit de changer le comportement et le mode de pensée des populations sur le monde de la finance et de la gestion financière, en somme d’acquérir simplement une véritable culture financière.

Il faut dès lors une approche systémique et mesurable, en vue d’assurer le suivi des actions initiées ; pour ce faire une autre stratégie doit être envisagée pour efficacement lutter contre cet analphabétisme financier. La vulgarisation du concept des clubs d’investissement sur le continent peut être une réponse à cette carence. Véritable véhicule de finance sociale participative, les clubs d’investissement, connectés au marché financier favorisent le développement de l’intelligence économique et financière de ces membres, et la création de la richesse partagée. A travers les réunions mensuelles, les membres s'éduquent et se forment régulièrement, améliorant ainsi leurs connaissances des concepts financiers et économiques, tout en épargnant mensuellement et investissant ensemble leurs petites économies dans plusieurs actifs. De ce fait ils mutualisent leur épargne dans un esprit de solidarité et d’entraide.

Ainsi donc un programme d'éducation financière bâtit autour du concept des clubs d’investissement profiterait à tous :

Aux jeunes qui font leur entrée dans la vie active, ce programme apporte les outils de base pour gérer leur budget et leur épargne afin de maîtriser leurs dépenses et leurs dettes, réaliser leurs projets de vie ; Aux familles, il apporte la discipline nécessaire pour économiser en vue d'une acquisition immobilière ou financer les études de leurs enfants ; Aux plus âgés, il permet de s'assurer qu'ils ont épargné suffisamment pour disposer d'une retraite confortable, en leur fournissant les informations et le savoir-faire nécessaires pour faire des placements judicieux ; À ceux qui disposent de faibles revenus, il introduit la notion d'épargne et permet de tirer le meilleur parti de ce qu'ils parviennent à économiser ; Enfin aux Entrepreneurs l’éducation financière promeut également l'entrepreneuriat à petite échelle qui contribue pour beaucoup aux revenus des ménages pauvres, ces derniers ne faisant souvent pas la distinction entre les finances du ménage de celles de l'entreprise. L'éducation financière peut ainsi promouvoir le développement d'entreprises individuelles (ou microentreprises), une meilleure gestion et le recours aux produits et services bancaires et financiers idoines.

Le caractère innovant de cette démarche éducationnelle est qu’elle se développe dans un club d’investissement, une indivision solidaire. Elle est de ce fait mesurable, chiffrable et qualifiable. Le club d’investissement est simplement un regroupement de personnes (Jeunes, Ménages, professionnels ou entrepreneurs) qui ont pris conscience de la nécessité d’avoir une culture financière, se forment et décident mensuellement d’épargner une certaine somme.

Nos gouvernants doivent ainsi, pour assurer la relève faire la promotion du concept des clubs d’investissement en l’instituant dans les écoles, les universités, les entreprises et les incubateurs. Ils doivent définir et renforcer le cadre légal juridique et règlementaire pour le développement de cette solution, élaborer et harmoniser des modules de formations qui soient adaptés, créer des centres de formations spécialisés en éducation financière de même que des bureaux de crédits.

Ainsi, en permettant aux entrepreneurs de prendre des décisions informées, et éclairées, l’éducation financière peut être vue comme un outil de lutte contre l’analphabétisme financier, mais aussi un levier de promotion de l’actionnariat populaire pour l’autonomisation économique des populations.

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